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Nouvelles d’Arménie Magazine N°128

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UGAB : tournée de l’orchestre philharmonique d’Arménie - Nouvelles d’Arménie

UGAB : le triomphe du sublime orchestre philharmonique d’Arménie

Organisée et sponsorisée par l’UGAB, son principal mécène, la tournée française de l’Armenian philarmonic Orchestra a soulevé l’enthousiasme du public et des spécialistes. Un moment d’anthologie.

Sept concerts en neuf jours ! La tournée de l’APO – Armenian Philharmonic Orchestra – comme il est désigné sur son site internet, constitue un des temps forts de l’Année de l’Arménie, tant par la performance physique qu’artistique demandée à ses 120 musiciens. L’excellence de sa prestation laisse au public une grande impression.
De Nice, le 6 février, à Paris, le 14 février, en passant par la Vendée, Saint-Etienne, Lyon, Valence et Marseille, l’accueil réservé dans chaque ville a été à la mesure de l’événement :

• A Saint-Etienne, samedi 10 février, l’orchestre jouait devant une salle comble de 1200 personnes, lors d’une soirée de gala, point d’orgue d’une journée de visite de l’ambassadeur d’Arménie en France, Edward Nalbandian, reçu par le sénateur-maire de la ville, Michel Thiollière et son adjoint à la Culture, Archam Sivaciyan, dans le très beau cadre de l’opérathéatre Massenet.

• A Lyon, dimanche 11 février, c’est l’Auditorium Maurice Ravel, qui recevait la formation avec le soutien de l’UGAB, présenté par son président local, Michel Sandjian.

• A Valence, lundi 12 février, respectant la halte traditionnelle des voyageurs vers le midi, c’est également le président de l’UGAB local, Philippe Panossian, qui soulignait la mobilisation générale de toutes les énergies valentinoises pour permettre la venue de l’orchestre, en présence du Maire de Valence, Mme Lena Balsan, du Président du Crédit Mutuel, M. Hummel, et des différents partenaires. La salle du Théâtre « Bel Image », qui contient mille personnes est pleine . Si le programme musical de l’orchestre, mis au point en concertation avec Mme Nelly Tardivier, commissaire de l’année de l’Arménie, avait la même trame, à savoir :
• en première partie, ouverture des « Vêpres Siciliennes » de Verdi et un concerto avec soliste,
• en seconde partie, la 2e symphonie d’Aram Khatchaturian, les trois concerts des 10, 11 et 12 février permettaient de découvrir successivement l’un des trois solistes de la tournée :

• A Saint-Etienne, le jeune Sergeÿ Khatchatryan, 22 ans, dans le concerto pour violon de Sibelius,

• A Lyon, le pianiste Vahan Mardirossian, dans la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Serge Rachmaninov,

• A Valence, le pianiste Vardan Mamigonian, dans la même oeuvre.

Sergeÿ, le ténébreux

L’interprétation de Sergeÿ Khatchatryan, dans son concerto fétiche, laisse les auditeurs sans voix, mais pas sans réaction. En fait, la salle explose dans un tonnerre d’applaudissements dès la fin du premier mouvement, puis à la fin du second.
A l’image des milanais, lors du concert de réouverture de la Scala en décembre 2004, avec le même Sergeÿ, le même concerto et l’orchestre national de France dirigé par Kurt Masur, le public stéphanois n’a pas pu retenir son enthousiasme.
L’oeuvre sublime du compositeur finlandais servie par la finesse de jeu et le sens musical aigu du soliste exercent toujours la même fascination.

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Vahan Mardirossian en répétition à Lyon.

Vahan ou le bonheur

Vahan Mardirossian, en grande forme lui aussi, embrase le clavier avec une légèreté enchanteresse, qui contraste avec son physique de gros chat facétieux, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Il renouvellera sa performance à Marseille. Il faut dire que l’oeuvre est envoûtante. Composée en 1934 aux Etats-Unis, elle est connue du grand public grâce à sa 19e variation, qui s’écarte totalement du thème du 24e Caprice de Paganini, pour exprimer un romantisme qui n’appartient qu’à l’âme russe. C’est de loin la plus connue des variations, sinon de l’oeuvre de Rachmaninov.

Vardan, le structuré

Il donne à Valence le même concerto que Vahan, mais dans un tout autre style. Son phrasé est architecturé et romantique à la fois. C’est la même pièce, mais un autre concert : Plaisir sans fin du renouvellement de l’écoute. Pour reprendre le mot de Rubinstein : « C’est cela qui vous fait sortir de chez vous pour aller entendre un musicien, au lieu de rester dans vos pantoufles à écouter un disque !  »
Cette remarque vaut également pour la pièce de seconde partie de programme  : la IIe Symphonie d’Aram Khatchaturian, où chacune des trois éxécutions que nous avons entendue, était une redécouverte.. Pièce idéalement choisie, car elle est un des morceaux de bravoure de l’orchestre. Tout d’abord, quelques mots sur l’oeuvre, très appréciée des musiciens en général pour sa grande richesse sonore, mais assez peu connue du grand public en France.

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Eddouard Topdjian et Vartan Mamigonian.

Des trois symphonies écrites par A.Khatchaturian, c’est la plus réputée. Composée dans l’été 1943, elle évoque l’épopée héroïque du combat pour la liberté et l’indépendance de la Patrie, la noblesse de l’exploit accompli par le peuple, ainsi que le patriotisme des soviétiques.
C’est une oeuvre monumentale, profondément dramatique, toute en contrastes émotionnels. L’idée lui en vint au début de la guerre, aux heures héroïques de la bataille de Moscou.
Elle fut donnée en première audition le 30 décembre 1943 dans la grande salle du conservatoire de Moscou. Le public l’accueillit très chaleureusement et, en 1946, le Prix d’Etat fut attribué à cette IIe Symphonie.
Bien qu’écrite par un artiste soviétique, l’oeuvre est profondément arménienne par l’utilisation des thèmes du folklore arménien, différant ainsi de la 7e symphonie de Chostakovitch dite « Leningrad  », évoquant également le drame de la guerre.
Dans le premier mouvement, on reconnaît le thème de la chanson arménienne « Que pleures-tu, ma chérie » Le 2e mouvement évoque le repos après la tension des combats.
Le 3e mouvement est un grandiose cortège funèbre, un requiem à la mémoire des héros, sur le thème de la chanson populaire « Voskan Aghper », complainte d’une mère voulant avoir des nouvelles de son fils parti au combat. On y entend à plusieurs reprises la cloche du tocsin, symbole éminemment chrétien.
Le 4e mouvement représente le dénouement du conflit dramatique et la victoire finale du peuple soviétique qui mène un combat sacré. Chacune des trois éxécutions de l’oeuvre fut particulière, ne serait-ce que par la différence d’acoustique de chacune des salles. Une mention particulière pour le concert de Valence : le chef d’orchestre Alexandre Siranossian est dans la salle. Il connaît bien le Philharmonique d’Arménie, pour l’avoir dirigé plusieurs fois depuis 1977 à Erevan, et notamment pour la création mondiale de la Symphonie italienne de Vincent d’Indy (1851-1931), compositeur originaire de l’Ardèche, l’un des fondateurs, avec Saint Saëns, de la Schola Cantorum. C’est à la Schola Cantorum qu’ il accueillit Komitas dans les années 1901-1902.

Le soutien de l’UGAB

Ainsi, l’Orchestre d’Arménie vient à la rencontre du lieu d’origine de l’homme dont il a créé une oeuvre à des milliers de km de là. C’est peut-être pourquoi les musiciens de l’APO donnèrent à Valence, probablement sans en avoir conscience, une interprétation encore plus retentissante de la Symphonie de Khatchaturian !
C’est ce que ne manque pas de dire Alex Siranossian à son jeune confrère Eduard Topdjian, lors de la réception très sympathique qui suit le concert. Les deux hommes se connaissent bien, puisque A. Siranossian a également souvent dirigé l’orchestre de chambre Serenata créé en 1993 par Eduard Topdjian.
Ce dernier offre au public, en remerciement pour son accueil chaleureux, tout comme à Saint-Etienne et Lyon une magnifique « Danse du sabre » et un non moins flamboyant « Mascarade  », du même Aram Khatchaturian. A Marseille, l’auditorium du Parc Chanot est comble pour accueillir l’orchestre et Vahan Mardirossian. Comme à Lyon et Valence, le concert est organisé par l’UGAB, ici présidé par Bernard Besoyan et soutenu par le Conseil général de Jean-Noêl Guérini, et en présence du député M.Masse, rapporteur de la loi de janvier 2001.
L’UGAB, qui est le plus gros soutien financier de l’orchestre en Arménie depuis 1991, est également un des principaux mécènes de cette tournée. Pour conclure en beauté, la dernière représentation de l’orchestre a lieu en région parisienne à Issy-les-Mx avec une nouvelle performance de Sergeÿ Khatchatryan, que la salle, pleine à craquer, rappelle sans fin, laissant à chaque spectateur le souvenir d’une tranche de vie inoubliable. En remerciement, Sergeÿ donne en bis les « Miniatures arméniennes » d’Alexandre Spendiarian, fondateur de l’orchestre qui l’a accompagné. Auparavant, André Santini, député-maire d’Issy les Moulineaux, avait introduit la soirée, en présence du « Tout Paris » et de Mme Nelly Tardivier, Haut Commissaire de l’Année de l’Arménie. â– 

J-J Karagueuzian
Nouvelles d’Arménie Magazine N°128
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Sergey Khatchatryan et Eduard Topdjian saluent le public à Saint-Etienne.

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