
Mais il ne rêve que de peinture et, entre les séances dans les académies, survit grâce à des dessins satiriques dans les journaux et diverses créations artistiques (affiches, tissus). A la suite de différentes participations aux Salons, il obtient, avec Bazaine, le Prix Saint-François d’Assise en 1938 et fait l’année suivante sa première exposition particulière. A quarante ans de là , en avril 1979, il sera « installé » à l’Académie nationale des Beaux-Arts (Institut), à un siège où lui succédera Zao Wou-Ki.
Entre ces deux dates se développe une carrière exceptionnelle, marquée par une centaine d’expositions en France et à l’étranger ainsi que par sa participation à de nombreuses manifestations officielles. Ses expositions les plus marquantes auront ainsi pour thème « Venise » (1953), « L’Apocalypse » (1957), « Figures rituelles » (1968) et jusqu’à « Versailles » (1994). Officier de la Légion d’honneur, il a accumulé les récompenses : trois fois lauréat du Prix Hallmark, grand Prix de l’Education nationale à Tokyo, grand Prix « Europe » de la première Biennale de Bruges, prix du public aux « Peintres Témoins de leur Temps ». La conception de plusieurs décors et costumes pour l’Opéra de Paris (« Les Indes galantes » en 1952, « Gisèle » en 1954), Roland Petit (« Le loup » en 1953), la Comédie française (« Athalie » en 1955) et le Théâtre de Paris ( « La Périchole », 1969) ne fera qu’ajouter à cette célébrité. En 1955, un référendum organisé par Connaissance des Arts l’avait d’ailleurs classé parmi les dix meilleurs peintres d’après-guerre. Et, en 1976, il sera membre du jury du festival de Cannes.
Auteur également d’une vaste Å“uvre graphique et de plusieurs tapisseries, il achève en 1991 plus de 600 m de peinture sur des thèmes repris de « l’Apocalypse » de 1957 dans le cadre d’une chapelle de Manosque (Alpes de haute Provence) qui deviendra le siège de la Fondation Carzou. Le centenaire de sa naissance y sera célébré durant l’été 2007 dans le cadre d’Arménie, mon Amie.
Carzou est mort à Périgueux, près de son fils, en août 2000.