La culture arménienne
Portrait de Calouste Gulbenkian
Calouste Gulbenkian
Passé à la postérité comme un homme d’affaires philanthrope et amateur d’art éclairé, Calouste Sarkis Gulbenkian est né à Istanbul en 1869 dans une famille de négociants arméniens aisés. Après des études d’ingénieur au King’s College de Londres, le jeune Calouste visite la Transcaucasie et les champs pétrolifères de Bakou (actuelle capitale de la République d’Azerbaïdjan) à la fin du XIXe siècle, voyage dont il tire un ouvrage remarqué par le ministre des Mines du gouvernement ottoman qui le charge d’élaborer un rapport sur les réserves pétrolières de l’Empire.
C’est le début d’une carrière exceptionnelle menée dans une industrie naissante – qui va connaître l’essor que l’on sait –, où Gulbenkian se révèle à la fois pionnier du développement pétrolier, négociateur avisé et expert financier de haut vol (qualités qui lui vaudront le surnom de « Monsieur 5% »). En oeuvrant notamment à la création de la Royal Dutch Shell (il prit la nationalité britannique en 1902), et en jouant un rôle d’intermédiaire dans le partage des richesses pétrolières du moyen-Orient entre les puissances occidentales, Gulbenkian a amassé une des fortunes les plus colossales de son temps. Il s’en est servi pour enrichir sa très exceptionnelle collection d’oeuvres d’art (plus de 6 000 pièces), actuellement conservée dans un musée qui porte son nom inauguré en 1969 à Lisbonne, ville où il s’est éteint en 1955.
Au cours de son existence, Gulbenkian s’est également montré généreux envers sa communauté d’origine, comme en témoignent ses importantes donations en faveur d’écoles arméniennes et de centres médicaux en Turquie, Syrie, Liban, Irak et Jordanie, ou encore en faveur de l’érection d’églises arméniennes en Irak et au Liban. Tour à tour bienfaiteur du Patriarcat arménien de Jérusalem, mécène du célèbre Hôpital Saint-Sauveur à Istanbul, généreux donateur en Arménie (restauration de la cathédrale d’Etchmiadzine et création de deux villages pour abriter les réfugiés rescapés du génocide), on lui doit également la construction de l’Église Saint-Sarkis à Londres en mémoire de ses parents. Cinquante ans après sa disparition, la Fondation Gulbenkian poursuit cette oeuvre en soutenant des projets éducatifs, artistiques ou scientifiques.