La culture arménienne
Portrait de Atom Egoyan
Atom Egoyan
Fils d’artistes peintres réfugiés arméniens, Atom Egoyan est né au Caire en 1960 et a été élevé à Victoria (Canada). Parti s’installer à Toronto à 18 ans, le jeune Egoyan étudie les relations internationales, apprend la guitare, s’intéresse à l’art dramatique et commence à réaliser des courts métrages dans lesquels il traite déjà du voyeurisme, de la schizophrénie, du fétichisme et de l’obsession, autant de thèmes qu’il n’aura de cesse d’approfondir à travers son oeuvre cinématographique.
La vente de Open House à la chaîne CBC lui permet de réaliser en 1984 son premier long métrage, Next of Kin, dont le personnage central se fait passer pour le fils perdu d’une famille d’Arméniens. Après ce premier film remarqué, Egoyan travaille pour la télévision en signant plusieurs téléfilms et des épisodes de serials comme La Quatrième dimension ou Alfred Hitchcock présente.
Avec Family Viewing réalisé en 1987 et surtout The Adjuster (1991), le cinéaste canadien s’impose parmi les auteurs les plus importants de sa génération, dont les films privilégient des architectures complexes défiant la linéarité du récit. La consécration, ainsi qu’un début de succès public, survient en 1994 avec Exotica, qui empoche le prix de la critique à Cannes, dont le jury distinguera à nouveau quatre ans plus tard De beaux lendemains. Atom Egoyan retrouve ensuite le chemin des origines, depuis Calendar (1993), retour en vidéo au pays natal en compagnie de son épouse Arsinée Khanjian à Portrait of Arshile (1995), court métrage consacré au peintre Arshile Gorky, qui deviendra le personnage fictionnel principal de Ararat (2002), opus dans lequel Egoyan aborde en miroir le thème de la condition arménienne et, ce faisant, le destin de ses parents.