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Nouvelles d’Arménie Magazine N°127

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Navasart fête ses 40 ans et présente son nouveau spectacle : Hayastan

Bon anniversaire Navasart !

« Allez-y ! Allezy  ! Séparez les l i g n e s ! Avancez plus ! Sur scène, il faut que ça fasse ça ! » La voix d’Eddy Djololian, le fondateur de l’ensemble de danse Navasart, se fait plus impérative. Filles et garçons s’exécutent. Il faut recommencer Artsakh. A quelques semaines du grand spectacle parisien du Palais des Congrès, l’effervescence gagne chaque jour, un peu plus, chacun des membres de la troupe. Tous se sentent investis d’une mission. Célébrer avec éclat les 40 ans d’existence d’un ensemble au parcours exemplaire tout en révélant, à travers la danse, la richesse et la diversité de la culture arménienne.

Au fil des ans

Née en 1967, Navasart apparaît progressivement sur les scènes et festivals internationaux. « Au début, nous étions une vingtaine. Mais, comme nous avions une exigence de qualité, nous avons réussi assez vite à nous imposer sur les scènes internationales et dans de prestigieux festivals aussi bien en Angleterre, en Italie, en Espagne, en Allemagne, qu’en France », précise Eddy. Bien vite, la troupe réussit son pari. Révéler le caractère vivant d’une culture trois fois millénaire.

D’ailleurs, des journaux comme Le Guardian, Le Daily Telegraph ou le New York Times lui ouvrent même leurs colonnes pour d’étonnants papiers, sans oublier ces passages télévisés sur la 1e chaîne allemande ARD, la BBC et France 2.
Véritable inconditionnel de la danse arménienne, Eddy n’oublie pas l’époque de ses premières armes au sein du Ballet Sossi.
Lorsqu’il se tourne en arrière, jamais il n’aurait pu imaginer être à l’origine d’un tel résultat. « Pour être franc, quand on crée quelque chose, on ne sait jamais où l’on va », avoue-t-il.
Osant prendre des risques, la troupe se retrouve alors dans des situations qui autrefois lui semblaient du domaine du rêve. « Quand j’ai fondé Navasart, si on m’avait dit que l’on franchirait six fois l’Atlantique et que l’on traverserait la Méditerranée, cela m’aurait paru complètement absurde et irréaliste ; d’autant plus dans le contexte politique de l’époque. Et pourtant, on a fait tout ça », s’exclame joyeusement Eddy. Tout naturellement, au fil des années, le nombre des membres s’accroît et les générations se renouvellent.

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Epées

Audace et succès

Animés par la passion de la danse, tous adhèrent à un projet commun. D’ailleurs, convient volontiers Eddy, « tout seul, on ne peut rien faire  ».
Complètement atypique, le parcours de cet ensemble culturel issu de la diaspora fait pâlir d’envie bon nombre de professionnels du spectacle. « Je connais pas mal de gens du show-biz ici, en France. Ils ont du mal à réaliser tout ça ! », poursuitil avec insistance. Et pourtant si ! Navasart a bien rempli 8 fois le Royal Albert Hall de Londres avec 6 000 spectateurs à chaque représentation ou dansé devant un parterre de 5 500 personnes au Zénith de Paris, pour le 20e anniversaire de sa création. Portés par leur désir de diffuser la culture arménienne auprès d’un large public, les danseurs de Navasart se distinguent aussi dans nombre de festivals, aussi bien en France qu’à l’étranger. Lors de ses premiers prix, la troupe est traitée en vedette, au même niveau que des ensembles internationaux professionnels, alors même qu’elle n’est pas dotée des mêmes possibilités techniques.

C’est pourquoi la troupe reçoit des invitations de partout. Certaines proviennent même de continents encore non visités et, surtout, de milieux non arméniens. Il est loin le temps où, en 1971, la troupe se produisait pour son premier grand spectacle à la Salle Pleyel, en compagnie de deux autres troupes arméniennes de Paris.

Un choc

Mais c’est en 1976 que Navasart se lance dans un formidable pari. Inviter l’ensemble de danses d’Arménie au grand complet.
Dans toute la communauté artistique arméno-française, ce fut le choc. Brusquement, cette troupe d’Etat de 70 membres, dirigée par Vanoush Khanamirian, apporta une autre vision de la danse arménienne. Une image plus libérée, véritable bouffée d’oxygène artistique et créatrice, s’imposa alors à l’époque aux différents musiciens, danseurs et ensembles de l’hexagone.

Palais des Congrès

Secondé aujourd’hui par les chorégraphes d’Arménie, Armen Tchiloyan, Catherine Darbinian et Aram Arzoumanian, Eddy évoque maintenant ce nouveau défi conçu d’arrache-pied, où se mêlent nombre d’effets visuels pour une mise en scène renouvelée : le spectacle du 40e anniversaire de la troupe.
Avec plus de 700 nouveaux costumes créés par Sylvie Dequivre, les 100 artistes (dont 70 danseurs, 16 musiciens et des figurants) fouleront les planches du Palais des Congrès sur les traces de l’histoire d’une nation en quête d’autonomie culturelle et spirituelle.
Remarquée pour ses danses, Navasart s’est aussi construite une belle réputation à travers son orchestre live d’instruments traditionnels où s’entremêlent chevi, dehol, doudouk, kanone, tar et saz. Néanmoins, au Palais des Congrès, de nouvelles sonorités plus contemporaines issues de l’accordéon, de la basse, de la clarinette, du violon, de la guitare, du clavier et de la batterie se feront aussi entendre, accompagnant ainsi l’évolution de l’histoire et de la danse arméniennes.
Relayé par une campagne de presse, le spectacle du 40e anniversaire de Navasart offre aussi une visibilité de la culture arménienne ancrée dans l’Année de l’Arménie en France.

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Lezguinka

Pour l’amour de la danse

Outre cette vie dédiée à Navasart, Eddy ne peut s’empêcher de raconter une autre histoire qui lui tient tout autant à coeur. Depuis 25 ans, il dirige des cours dans de très nombreux pays (Angleterre, Irlande, Norvège, Suisse, Allemagne, Belgique, Hollande, Italie, Espagne, Suède, Etats-Unis), semant ainsi l’amour de la danse arménienne dans le coeur de plus de 10 000 élèves.
Bien que non Arméniens, ceux-ci n’en finissent pas de se lancer avec ardeur dans une multitude de pas. Emportés dans leur élan, ils deviennent très vite de vrais fans de l’Arménie et de sa culture.
Pour Eddy, cet engouement relève de l’extraordinaire car « personne n’est Arménien », souligne-t-il. Les plus téméraires, en Allemagne, en Hollande et en Suisse, n’ont même pas hésité à former des troupes de danses arméniennes avec costumes et musiques traditionnels, au son du zourna et du dehol.
Pleines d’énergie et de sensualité, les prestations de Navasart emportent l’adhésion de tous les publics, allant même parfois jusqu’à une vraie communion.

Souvenirs

Comment donc ne pas oublier cette standing-ovation sur le sol de la mère patrie ! C’était en 2001. L’Opéra d’Erevan était plein à craquer. Subjuguées, les personnalités artistiques du pays se lancèrent alors dans quelques discussions chorégraphiques.
Puis, ce fut Stépanaguert. Un moment unique et l’un des meilleurs souvenirs d’Eddy. A la tombée du jour, la scène, dressée au milieu du stade, se recouvrit d’un manteau de nuit. Aussitôt, surgis de nulle part, les phares des voitures l’illuminèrent comme par enchantement. Et le spectacle se poursuivit… C’est alors que la magie redoubla de plus belle. Venu en masse, le peuple du Karabagh se précipita dans l’herbe du stade pour se mêler aux danseurs et musiciens. Ce fut une fête mémorable. Une fusion extraordinaire, inscrite pour toujours dans l’histoire de Navasart.

H. Kosséian-Bairamian
Nouvelles d’Arménie Magazine N°127
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Navasart

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