
Le 21 février 1944, de grandes affiches rouges avec des portraits « noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants », selon le poème L’Affiche rouge d’Aragon, couvrent les murs de Paris. Elles font état de l’exécution au Mont Valérien (Suresnes, Hauts-de-Seine) de 23 terroristes membres d’un groupe de FTP (francs-tireurs partisans) par le régime nazi. Le chef de ce groupe de résistants s’appelle Missak Manouchian. Né en Arménie 36 ans plus tôt, il a été marqué par les massacres qu’ont subis les siens, et occupe depuis près d’un an la fonction de commissaire de la section parisienne des FTP. Par le biais de cette affiche, la propagande nazie s’évertue à démontrer que ces hommes se prétendant résistants sont en fait des « criminels métèques de droit commun ». Si l’on en croit le poème d’Aragon, l’effet espéré fut inverse.
Quelques jours après la commémoration du 63e anniversaire de l’exécution au mont Valérien, une exposition ouvre ses portes au Mémorial du Maréchal Leclerc de Hautclocque et de la Libération de Paris, musée Jean-Moulin (Paris 15e), en vue notamment de rendre hommage à Missak Manouchian et à ses hommes. Cette exposition évoque au travers de pièces d’archives la résistance d’Arméniens à l’occupant allemand durant la seconde guerre mondiale. Elle met également en valeur leur contribution à la libération du territoire français.
Inauguration : 5 mars
6 mars – 29 juillet 2007
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