
Zareh Mutafian ou les couleurs de l’Orient Ce peintre né à Samson (aujourd’hui en Turquie) évoquera avec une constance remarquable sa vie durant cette culture arménienne profondément ancrée en lui, même si les événements liés au génocide l’obligent, alors âgé de huit ans, à abandonner la terre des siens. Un orphelinat américain le recueille en 1918 puis il est transféré en Grèce dans un camp de fortune en 1922. Déjà , il se consacre avec beaucoup d’assiduité à ses deux muses que sont la musique et la peinture. Cette excellence lui offre la chance d’être pris en charge par le gouvernement italien de l’époque. Ce dernier, soucieux de réparer une erreur d’appréciation de son aviation qui avait bombardé les orphelinats à Corfou, confie un contingent d’enfants aux Pères mekhitaristes.
Durant dix ans, à Venise et à Milan, Zareh Mutafian découvre le classicisme italien, source de sa vocation de peintre. Il réalise essentiellement des portraits réalistes jusqu’en 1933 où il part pour la Suisse. Là , l’environnement paisible des Alpes et du Lac Léman lui inspire des paysages aux bleus presque transparents. Mais Paris se fait de plus en plus attirante : il s’y installe en 1939. Son atelier situé dans le 9ème arrondissement attire les intellectuels arméniens en exil forcé tandis que la rencontre avec l’Ecole de Paris modifie profondément et durablement son approche de la couleur. Sous-bois lumineux, monts enneigés, monastères témoignant de la solennité de la foi et marines supplantent le portrait. En 1967, il foule à nouveau la terre arménienne et expose à Erevan. A son retour en France, comme pour sublimer ce renouveau, la couleur devient plus flamboyante dévoilant pleinement l’Orient des origines.
A La Seyne sur mer, les voûtes du Fort Napoléon présenteront les thèmes chers au poète de la lumière que fût Zareh Mutafian.
Du 27 avril au 19 mai 2007, vernissage jeudi 26 avril de 18h00 Ã 20h00.
Contact presse : Jean-Christophe Vila